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Les personnes à handicap mental sont des humains à part
entière. Ils peuvent être heureux, mais leur histoire, leur
éducation et bien entendu leur handicap font qu’ils
n’utilisent pas toutes les ressources nécessaires et qu’ils
s’imposent toutes sortes de restrictions pour tendre vers ce
but. L'une de nos premières fonctions est de faire
bénéficier les personnes à handicap mental d’une structure
et des conditions de vie quotidienne aussi proches que
possible des normes et structures du courant général de
notre société.
La personne à handicap mental doit avoir un rythme de
journée normal. Même un adulte à handicap mental sévère doit
sortir de son lit à heure convenue et s'habiller. Il ne doit
pas aller se coucher plus tôt que les autres, ni d'ailleurs
(sauf raison médicale signifiée par un médecin) faire de
longues siestes. L'expérience d'un rythme normal de l'année,
avec des vacances et des fêtes ayant une signification
particulière lui est positive.
Les activités de ces personnes à handicap mental est d'une
extrême importance. Les tâches confiées, doivent être
stimulantes et avoir du sens. L’activité au même titre que
le plaisir est source de grandissement, d'épanouissement, de
fierté. L'horaire des activités doit être aussi proche que
possible de la moyenne du temps de travail admise dans notre
société. Seuls le rythme, la cadence doivent être adaptés à
chacun en fonction de ses capacités, de son état de santé ou
psychologique, voire de son âge.
Pour les personnes à handicap mental, le passage de
l'adolescence à l'âge adulte se fait souvent de manière plus
lente, plus incertaine que pour les autres. Nos attitudes,
celles aussi des parents et autres intervenants sont à cet
égard de grande importance. Il n'est pas souhaitable que des
adultes vivent de la même manière que des enfants ou soient
considérés comme tels.
Les choix, les souhaits et les désirs des personnes que nous
accueillons sont pris en considération aussi précisément que
possible. Dans la mesure où ils s’avèrent réalisables et
respectueux des lois et de la morale, ils doivent être
respectés et figurer dans le projet individuel de la
personne concernée.
Il nous paraît judicieux de faire participer les résidants
aux réunions les concernant et de travailler de façon
contractuelle avec elles. Acteurs de leur vie, responsables
de leurs « scénarii », ils disposent à tous moment du droit
de dire.
Nous considérons l’affectivité et la sexualité en tant que
besoins et désirs et estimons, à priori, les personnes à
handicap aptes à vivre ses sentiments et l’expression de
ceux-ci. D’aucuns auront besoin pour ce faire de plus
d’accompagnement que d’autres mais qu’importe pour autant
que soient respectés l’éthique, la législation générale en
cours, voire les us et coutumes individuels et que soient
protégés la morale et les valeurs de chacun.
Nous insistons auprès des intervenants afin que l'accent
soit mis sur ce que chacun se montre capable de faire et non
pas sur « ce qu'il serait incapable de faire ». Les
personnes accueillies chez « Cigaline » doivent avant tout
être perçues à travers leurs compétences.
Les projets pédagogiques individuels sont la clef de voûte
de notre maison. Il s'agit d'une méthode de travail issue
des besoins individuels de chaque personne hébergée. Ils
constituent un véritable contrat, c'est-à-dire un accord
mutuel et explicite entre la personne à handicap et les
différents intervenants (y compris, bien entendu, les
parents). Ces contrats doivent définir les buts, les limites
et les conditions des tâches qui vont être accomplies
ensemble.
Toutes les parties ont un pouvoir égal et des
responsabilités partagées.
Les contrats doivent être énoncés de façon claire et
positive.
Il est nécessaire qu'ils soient sous le contrôle de la
personne concernée (par exemple : «je vais avoir plus
d’argent de poche» n’est pas sous le contrôle du demandeur).
Les objectifs fixés en commun devront être :
1. Réalisables
2. Concrets et mesurables
3. Stimulants
4. Fractionnables
5. Avouables à autrui
6. Reliés à un objectif plus vaste
Pour que le travail
soit efficace, les objectifs seront évalués, en fonction du
besoin du résidant, régulièrement et à tout le moins une
fois par an. Cette évaluation se fera en termes je suis OK+,
tu es OK+, en s’acceptant tel que l’on est et en acceptant
l’autre tel qu’il est. Ensemble nous chercherons la
meilleure solution en étant honnête avec soi et avec l’autre
et en laissant libre cours à nos idées, valeurs, sensations
et émotions. Notre but commun sera de trouver des solutions
constructives en prenant conscience de nos propres
responsabilités et en agissant de façon réaliste. |
Les projets pédagogiques des éducateurs sont à la fois la
conséquence des bilans individuels des personnes accueillies
et l'amorce des projets individuels futurs. Ils sont, pour
l’éducateur, à la fois son « garde-fou» et la caisse à
outils qu'il a lui-même constituée. Ils respectent les
valeurs de base chez « Cigaline » et constituent eux-mêmes
un véritable contrat, tel que défini ci-avant. Rédigés, si
nécessaire, avec l'aide d'un responsable pédagogique , ils
sont, bien entendu, établis en termes OK+/OK+. Chez «
Cigaline", les problèmes doivent être utilisés pour avancer,
pour «grandir» et s’il y a place pour la négociation, il
appartient à chacun de tout faire, de tout mettre en place
pour qu'il en soit bien ainsi.
Les intervenants de notre institution travaille de manière
égale avec chaque résidant, sachant que l’égalité c’est
donner le meilleur à chacun et non pas la même chose.
En résumé, nous considérons la personne à handicap comme :
• Une personne à part entière
• Une personne à respecter
• Une personne compétente
• Une personne particulière
• Une personne unique
• Une personne qui a des projets
Une personne à part entière :
• qui a des besoins et des désirs
• qui a des droits et des devoirs
• tout cela lié à son éducation de base, son âge
chronologique, son stade de développement, son type ou degré
de handicap
• ses besoins et ses désirs lui sont propres et lui
appartiennent
• ses droits sont à respecter et ses devoirs à faire
respecter
Une personne compétente :
• comme quiconque, plutôt que ses incompétences, il convient
de mettre en valeur ses compétences
• il importe aussi que son image sociale soit améliorée,
qu’elle ait un travail, qu’elle occupe une fonction qui la
met en valeur.
Une personne unique
• qui a le droit de se construire une identité propre
• qui peut dans sa mesure se déterminer elle-même
• capable de développer des relations affectives et
sexuelles épanouissantes
Une personne particulière
• qui montre, entre autres, issus de ses maladies,
désavantages et déficiences des besoins spécifiques tels que
celui d’un monde organisé, structuré et clairement
compréhensible pour et par lui.
• qui apparaît facile à manipuler et qu’il est bon de
protéger mais pas de surprotéger.
Une personne qui a des projets
• Paraissant passive, souvent comme processus d’adaptation
aux institutions, elle a des projets souvent inavoués.
• certes pas toujours réalisables , ses projets sont à
entendre ne fut-ce que pour négocier avec elle des objectifs
à sa portée, des moyens pour y parvenir, des méthodes
d’évaluation de son évolution pour la motiver, pour se
donner le goût de vivre plutôt que de survivre.
Une personne à respecter
• Comme vous et nous.
Références théoriques :
Sans exclure d’autres références, nos préférences, comme on
peut le constater ci-dessus, vont aux théories de l’Analyse
Transactionnelle. Toutefois, en ce qui concerne certains
apprentissages, nous pouvons faire appel aux techniques
comportementalistes, pour certains suivis psychologiques aux
théories du psychiatre, psychanalyste et éthologue Boris
Cyrulnik, voire même en certains cas à l’Analyse Systémique.
Nous possédons en ces différents domaines quelques « outils
de base » utiles pour la gestion ordinaire de l’institution
mais si cela s’avère nécessaire nous pouvons, pour
l’utilisation d’outils plus pointus, faire appel à des
spécialistes extérieurs. Par exemple nos pensionnaires
pourront se rendre en psychothérapie chez des spécialistes «
hors maison » de notre région ; l’équipe d’hébergement, à sa
demande, a pu bénéficier de l’aide d’un consultant extérieur
pour l’élaboration de son projet, etc...
1.4. Population cible :
Les personnes adultes à handicap mental de catégorie modérée
à légère ?
. Finalité du service proposé et besoins à rencontrer :
Partant de leurs besoins individuels, du contexte
socio-économique dans lequel nous nous trouvons, des droits
et des devoirs des personnes résidantes de notre
institution, les amener à ce qu’elles découvrent et
utilisent les moyens les plus adéquats pour elles vivre en
accord avec elles-mêmes et le plus en harmonie possible avec
leur environnement.
Pour arriver à cette fin, chacun, personnel employé et
résidant, s’évertuera à respecter les règles morales,
éthiques et bien entendu les lois en vigueur dans notre
pays, notre région, sans discrimination aucune. |